Inde

Le contexte de mon voyage en Inde :

Octobre 2015, j’achète mon billet pour le mois suivant, en direction de Dharamsala en Himachal Pradesh, dans l’Himalaya Indien.

En 2015, ma vie était un véritable chaos.

Je venais de quitter mon conjoint (après plus de 12 ans de relation et six mois avant la date prévue de notre mariage), je n’avais plus d’emploi et aucun autre projet que celui de m’en sortir financièrement.

A cette époque, je rédigeais quelques piges sur le web mais cela ne me permettait pas de vivre en France. Un jour, j’ai réalisé que ce que je voulais vraiment, c’était travailler en ligne pour pouvoir voyager, alors pourquoi ne pas commencer tout de suite ? Si je réussissais à me payer un billet d’avion en direction de l’Asie, je pourrais dépenser moins et donc vivre plus aisément.

J’ai alors décidé de donner le meilleur de moi-même.

Je me suis installée dans une minuscule caravane sur un emplacement de camping et j’ai décroché le premier job que j’ai trouvé : femme de ménage. J’étais prête à tout pour faire de mon rêve une réalité et tandis que j’astiquais les toilettes d’inconnus, je me répétais inlassablement que ce que je faisais était noble, puisque j’aidais quelqu’un à se sentir bien chez lui. Une façon de garder la tête haute, sans doute.

La vie n’a pas mis longtemps à m’offrir le signe que j’attendais pour décider de la direction à prendre. Une amie, Michèle, qui logeait dans une caravane voisine à la mienne, revenait d’un stage de six mois en Inde pour ses études. Alors qu’elle me racontait son expérience, elle prononça le mot magique : Dharamsala. J’ai senti dans mon ventre une grande chaleur, je crois profondément que notre corps sait d’avance ce qui est bon pour nous. Le ventre est le siège des émotions, de l’intuition.

Michèle avait réalisé son stage dans une agence de voyages spirituels sur cette terre d’accueil pour les Tibétains en exil, aujourd’hui résidence du Dalaï-Lama. « Ils cherchent peut-être quelqu’un à embaucher », me dit-elle. C’était donc ça ! J’allais débuter ma quête, cherchant moi aussi une terre d’accueil sur les contreforts de l’Himalaya.

Et si ça ne marchait pas ? Quand bien même, j’aurais essayé.

De toute façon je n’ai rien à perdre. Je m’étais déjà débarrassée de tout ce qui m’appartenait. Ma vie entière tenait dans un sac à dos qui était fin prêt à s’ériger sur mon dos, robuste, après huit mois de service et de ménages. J’ai pris un billet d’avion, mon premier aller sans retour.

Malgré mes doutes et mes peurs, à cause de nombreux on-dit au sujet de l’Inde et de la claque monumentale qu’un tel voyage peut procurer, je me suis lancée dans le vide. Comme une brebis égarée qui se faisait passer pour une louve, je me suis aventurée. J’avais déjà voyagé en Afrique, et ce géant bordel organisé ne m’était finalement pas si inconnu. Je crois que j’ai su dès mes premiers pas à New Delhi que j’allais adorer ce pays.

À mon arrivée à Dharamsala, un sentiment de joie s’est emparé de moi comme jamais, sans raison apparente, j’étais bouleversée d’être parvenue à l’objectif que je m’étais fixé quelques mois plus tôt. Je suis tout de suite partie à la recherche de l’agence de voyages de Michèle. J’y ai rencontré Stéphanie et Tashi, deux êtres d’exception, qui ont salué mon culot d’être arrivée sans bruit, murmurant : « Je veux travailler avec vous ».

Je suis restée à Dharamsala pendant 18 mois. J’ai eu l’occasion de voyager à travers l’Inde et d’en découvrir les plus douces facettes. Ce pays, désormais, fait partie intégrante de mon histoire, pour l’éternité Mother India continuera de me fasciner.

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