Une journée en Israël : l’ouverture d’esprit dans toute sa splendeur

C’est ce que je préfère dans le fait de voyager seule : être ouverte à l’inconnu, prête à dire « oui » à ce que la vie propose, être plus attentive aux signes et se laisser porter sans contraintes aucune.

Hier, je me baladais dans les ruelles de la vieille ville de Nazareth. J’admirais les voûtes, les pierres blondes d’un autre temps, les reflets argentés des feuilles d’oliviers, jusqu’à ce que je me décide à entrer dans une petite église. Juste comme ça, pour visiter.

Tous les peuples se croisent ici

Alors que je m’approche du site, j’aperçois un groupe d’Indiens. Toutes les femmes sont en sari, le costume traditionnel, et cela dénote complètement avec le lieu. Je lance un « namasté » perché d’un sourire ce qui, comme en Inde, plaît à mes interlocuteurs qui s’empressent de venir à moi pour me demander si je suis comme eux, une catholique orthodoxe venue prier une vierge grecque… Je m’amuse de la question, car pas du tout. Je ne suis qu’une touriste venue visiter tous les lieux sacrés de la ville, peu importe les religions.

Je continue ma route en direction de la Basilique de l’Annonciation. C’est ici que l’ange Gabriel serait venu annoncer à Marie qu’elle était enceinte de Jésus. On ne permet pas l’accès à la grotte où a eu lieu l’apparition, mais le bâtiment en lui-même vaut largement le coup d’œil : grandiose.

Soudain, alors que mes yeux sont rivés sur les hauts plafonds, j’entends une douce voix et des pas s’approcher. Annick est française, elle me parle de son amour pour la vierge Marie et m’offre un médaillon à son image :

« Je sens qu’elle vous protège, Marie est à vos côtés ».

Touchée. Il faut dire que, sans être catholique, je me sens effectivement rattachée à l’énergie de Marie. Elle représente la Mère, la douceur, la compassion, l’amour… que de valeur que je partage évidemment.

Hassan, le Parrain

Je continue ma route. C’est en entrant dans une échoppe que j’ai fait la connaissance d’Hassan. Ce palestinien de 62 ans, qui boîte légèrement mais arbore un sourire immense derrière une barbe de quatre jours, m’invite à prendre le thé dans l’arrière boutique de son restaurant. Tout de suite, je dis Oui.

Hassan est tout simplement incroyable. Je comprends rapidement que je suis tombée sur le « Parrain » de la vieille ville de Nazareth. Dans sa boutique, des écrans retransmettent tout ce qui se passe dans les ruelles avoisinantes. D’un œil bienveillant, il m’explique qu’ainsi il a pu rendre le quartier plus sain pour les habitants. L’un des écrans montre des fillettes sans surveillance parentale jouant près d’un banc, comme il me le précise, cela n’étaient pas envisageable il y a quelques années à peine.

Il est né ici, à l’époque où les anglais vivaient encore sur ses terres, avant l’occupation. Tout le quartier est sa maison, il possède d’ailleurs la plupart des bâtiments avoisinant avec ses 9 frères et ses 5 sœurs. Lorsqu’il aborde le sujet de l’Israël, il m’explique ceci :

« Comment les gens peuvent-ils penser qu’un peuple est mauvais et qu’un autre est bon ? Ils devraient voir que dans leur propre maison il y a du bon mais aussi du mauvais, alors pourquoi ils pensent différemment pour les autres ? »

Ses mots me touchent. Derrière lui, son employé déverse des quantités impressionnantes d’épices dans des bacs contenant ce qui me semble être de la viande. Ça sent délicieusement bon la cannelle, le poivre et la cardamone. Hassan perçoit mon intérêt et sort immédiatement des dizaines de pochons plus colorés les uns que les autres : »prend ça c’est pour toi. » Puis il enchaîne, il m’offre des paquets de cigarettes et une dizaine de jus, sodas et autres boissons en bouteilles. Je suis ébahie par tant de générosité alors que nous ne papotons que depuis une heure à peine.

Il me parle de ses voyages en Europe, de son amour incommensurable pour sa petite dernière qui vient d’obtenir l’équivalent du bac : « Si jamais elle décide d’aller étudier dans une autre ville, je m’inscris à la Fac et je m’installe à côté d’elle, hors de question de vivre loin de ma fille ».

De cadeaux en surprises

C’est sans hésitation que j’accepte son invitation à dîner, chez lui avec sa famille. Nous voilà donc partis à bord d’une voiture que je peux qualifier de luxueuse mais qui sent la boucherie. Sur le chemin, Hassan me montre tous les bâtiments qui appartiennent à sa famille : « Cet immeuble c’est à mon cousin, celui-là à mon frère, celui-là aussi à mon autre frère… » J’ai la sensation que toute la ville est sienne !

Tout doute sur cette hypothèse s’est envolé lorsque nous sommes parvenus à destination. Sa maison n’en est pas une, c’est un immeuble ! Six étages de 240 mètres carrés chacun… pour lui, sa femme, ses trois fils, ses cinq filles et tous leurs enfants. Je suis impressionnée. Sa plus jeune fille m’accueille avec un sourire à couper le souffle, et m’amène directement tout en haut du « château » pour y apprécier la vue de nuit. Hassan domine complètement la ville qui s’étend sous nos yeux à perte de vue, lumineusement dorée.

Je rencontre sa femme, qui malheureusement ne parle pas anglais mais qui n’hésite pas à me taper la causette en arabe. Je m’amuse de la situation, puisque bien sur je ne comprends pas un mot. Là, c’est la déferlante des plats plus délicieux les uns que les autres, un régal pour mes yeux comme pour mes papilles.

Cette douce journée sera terminée par une virée nocturne dans la cité afin d’observer les plus beaux panoramas, jusqu’à ce qu’Hassan me dépose, avec une énorme bise chaleureuse, devant mon auberge.

Hassan est Palestinien, il a connu les guerres et la vie dure, pourtant il ne ressent aucune haine. Il n’accuse personne. Il reste simplement un homme qui essaye de faire au mieux chaque nouveau jour, pour tout le monde.

Je ressens une gratitude immense pour cet homme et sa bienveillance. Son humour et sa joie, ses histoires rocambolesques que je ne peux pas raconter ici, le fait qu’il m’est accueilli ainsi comme une princesse sans même me connaître. Il est parti en me laissant sur ces doux mots : « appel moi tonton ».

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