Ma plus grande peur, mise à jour en Thaïlande

Nous y voilà, c’est le jour du départ, je quitte la Thaïlande ce soir.

Je ne peux pas vous dire que ce pays est absolument fantastique, ou vous conseiller sur quelconque activité, lieux à visiter ou bien éviter. En fait, durant ce mois en Thaïlande, je n’ai pas voyagé.

Non, durant un mois, je suis restée au même endroit et j’ai… bossé sur moi.

L’engrenage

En fait, ces dernières semaines ont été très éprouvantes émotionnellement. Mais je chéris profondément ces moments de doute, de panique, de confusion, car il n’y a qu’eux qui puissent me remettre sur LE chemin.

Je vous avais parlé de ma situation financière depuis Bali, j’avais perdu un emploi mais j’ai puisé toute mon énergie pour me sortir immédiatement de cette situation. La chance était de mon côté et l’univers a entendu mes appels. Pour autant, un gouffre s’est installé dans mon compte en banque et j’aurais passé un mois à compter les centimes au quotidien.

Quand j’ai quitté Dharamsala, je jouissais d’un train de vie très confortable. Soudainement je me suis retrouvée sans repères et ça, ça aura été le meilleur moyen de mettre en lumière mes parts sombres…

Depuis ma séparation en 2014, j’ai compris que j’avais un problème bien ancré et difficile à déloger : je suis dépendante affective.

Ma plus grande peur est l’abandon, et ça me cause bien des tracas.

Avez-vous remarqué que la vie se charge de nous offrir l’opportunité de résoudre ce qui ne l’est pas, autant de fois que nécessaire ?

Le voyage comme thérapie

J’ai beaucoup travaillé pour me sortir de cet engrenage. J’ai réalisé qu’inconsciemment je voyageais principalement pour ne plus permettre à qui que ce soit de pouvoir m’abandonner, puisque je prenais moi-même la décision de partir.

En Inde, j’ai pris le temps de me donner de l’amour, puisque cette dépendance n’est que le reflet d’un sentiment d’incomplétude. Je suis donc devenue indépendante, bienveillante envers moi-même, et naturellement je me suis sentie entière, sure de moi, prête à bouffer le monde.

Pourtant il aura fallu qu’un sentiment d’insécurité face surface pour que je bouleverse tout ce travail et me remette sur la voie de la dépendance.

Une seule et même source

En faisant face à mes finances, et en constatant que sans la présence de mon récent partenaire je serais dans une situation très délicate, je l’ai inconsciemment identifié comme étant mon seul repère.

Mon comportement envers lui a changé et notre relation, qui jusqu’alors était merveilleuse, s’est transformé en une douloureuse expérience : guerre d’Ego, lutte, attentes, frustrations, non communication, distance et peur.

On peut être sur l’une des plus belles plages du monde, avec une personne que l’on aime, si on n’est pas bien à l’intérieur, alors aucun contexte aussi paradisiaque soit-il ne peut nous rendre heureux.

C’est super-compliqué d’aimer. J’ai de la chance d’être accompagnée par un homme très spirituel, qui dès le départ nourrissait des pensées d’amour envers la furie que j’étais en train de devenir. Il a su se préserver, comprenant que mon attitude envers lui m’appartenait, qu’il n’était pas forcé d’y réagir mais qu’au contraire, il se devait de ne rien prendre personnellement.

J’ai vu plus rapidement que j’étais en train de retomber dans un schéma que je connais trop bien : a toujours vouloir être rassurée par l’autre, a attendre toujours plus de câlins, de complicité, de présence, d’attentions… une soif que rien n’aurait pu arrêter, s’il était rentré dans mon jeu.

En fait, c’est ce que je lui reprochais : son égoïsme, qui nous a sauvé.

Car que peut-il sortir de bon d’un tel besoin de fusion ? L’autre ne peut pas vivre, fonctionner, ressentir à notre place. Vouloir fusionner c’est s’illusionner. C’est espérer un sentiment de complémentarité qui ne peut pas exister à travers une autre personne, mais qui se trouve en soi.

Quelle chance j’ai. Finalement j’ai pu mettre en lumière ce qui restait à travailler.

J’ai pris conscience, à nouveau, que toute joie et toute peine ne proviennent que de ma perception et en aucun cas d’une source extérieur.

Être naturellement et sainement détachée de l’autre, par le vrai amour inconditionnel (que je ressens autant pour moi que pour lui) m’offre l’occasion d’être plus proche de ma propre source.

Je m’envole ce soir pour l’Israël, une nouvelle aventure m’attend et elle commence par un vol sur Ouzbékistan Airways, ça promet.

Good bye Thaïlande, good bye dépendance, je suis à présent regonflée à bloc.

7 Replies to “Ma plus grande peur, mise à jour en Thaïlande”

  1. Tes mots sont beaux et tes peurs touchantes. Ça résonnera dans pas mal de cœurs.
    Tu donnes envie de Vivre, Flora.
    Je te souhaite le meilleur, en Israël et ailleurs.
    Bonne route !

    Aimé par 1 personne

  2. Magnifique ton blog flora ! Plein de douceur d’optimisme, tu sais trouvé les mots pour avancer aller de l’avant, du coup nous aussi👍Impatiente de suivre ta nouvelle aventure en Israël

    Aimé par 1 personne

  3. Je me retrouve tellement dans ce que tu dis… Pour ma part c’est plus un sentiment de « rejet » que dabandon, mais je pense qu’il y a aussi une part d’abandon. Je me retrouve exactement quand tu parles de la fuite par le voyage, partir pour ne plus se sentir abandonnée, ne plus être quittée .. Petite j’avais toujours l’impression de voir mes amis partir et me lâcher. Je me suis toujours sentie un peu à part dans ma famille. Dès que j’ai pu partir de la maison je suis partie. Prendre mon indépéndance, prouver que j’avais besoin de personne. Mais au fur et à mesure des années je sentais le mal-être s’installer, sans comprendre… Jusqu’à ce qu’un évènement en particulier surgisse dans ma vie et me bouleverse complètement, me remue, fasse ressurgir plein de choses en moi… S’en est suivi la dépression… Même si je n’ose pas dire que ça en était, je le sais au fond de moi. Ce truc totalement noir qui te bouffe de l’intérieur. J’ai commencé à voir une psy car je ne comprenais pas ce qui m’arrivait et je n’arrivais pas à sortir la tête de l’eau. Petit à petit j’ai commencé à comprendre… Les pièces du puzzle qui s’assemblent… Mes relations en 2 ans en sont le parfait exemple. Toujours le même schéma, toujours la même problématique, la même fin… Le même besoin de me racrocher à l’autre au point de lui faire peur et le laisser s’en aller… Des relations impossibles… Bref, j’ai refait un paquet de fois les mêmes erreurs mais j’ai tout de même fait pas mal de changement dans ma vie et peu à peu ça va mieux. Je sens que je prends la bonne direction mais je sais aussi que je peux reflancher à tout moment. Il faudra du temps. Toute une vie probablement. Lutter contre soi-même c’est un combat de tous les jours. Du moins, je crois qu’il ne faut pas lutter mais apprendre à s’aimer, à se donner beaucoup d’amour. C’est l’enfant intérieur qui pleure, qui veut de l’attention, du réconfort. Et en effet la seule personne vraiment capable de lui donner de l’amour c’est nous-mêmes. C’est pas facile mais il faut savoir accepter ce qu’on ne peut changer et changer ce qui peut l’être. Un long chemin. Désolé pour le pavé, écrit un peu à l’arrache, avec tout ce qui me passait en tête mais je n’ai pas pû m’empêcher, ça me parlait trop. Alors bon chemin à toi !

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